Cotta l'atemporelle manigance un retour depuis l'oubli
volonté égale et ininterrompue
sans égards
aux mille valences
NIETZSCHE — "Et je vis une grande tristesse s'emparer des hommes. Les meilleurs se lassèrent de leurs œuvres. Une doctrine se répandait qu'une croyance accompagnait : "Tout est vide, tout est pareil, tout a été !" Et de toutes les collines, l'écho répétait : "Tout est vide, tout est pareil, tout a été !"
COTTA — Je te dis aujourd'hui ceci que je t'ai dit hier, mais que j'ai oublié que je t'avais dit. Hier est vaste je le sais, hier ne finit jamais.
NIETZSCHE — Pfffff...
se reprenant — "Ô mon âme, je t'ai appris à dire "aujourd'hui" comme on dit "jadis" ou "naguère" et je t'ai appris à danser ta ronde par-dessus tout ici, tout là-bas et tout plus loin encore.
Ô mon âme, je t'ai délivrée de tous tes recoins, j'ai balayé la poussière, les araignées et la pénombre qui te recouvraient.
Ô mon âme, je t'ai lavée de ta petite pudeur et de ta petite vertu en coin et je t'ai convaincue de te tenir nue devant les yeux du soleil."
COTTA — Ah oui, j'aime te regarder danser nue devant le soleil !
NIETZSCHE pour elle-même — Ah, la malheureuse...